Avalanche mortelle à l’Himlung Himal : douze disparus dans un camp de base déjà frappé par l’histoire
DIRECTC’est un réveil tragique dans la haute vallée de Naar Phu. Dimanche matin, un monstre de neige et d’aérosol d’une violence inouïe a balayé le camp de base de l’Himlung Himal, sommet classique culminant à 7 126 mètres. Selon les premières informations rapportées par Jocelyn Chavy, quatre corps de travailleurs népalais ont été retrouvés et douze personnes restent portées disparues ce lundi, ensevelies sous des tonnes d’un manteau compacté.
Installé à 4 900 mètres d’altitude sur un replat d’apparence hospitalière, le camp a été littéralement submergé. Cette catastrophe survient après le passage d’une violente queue de mousson cyclonique ayant gorgé les pentes sommitales de neige fraîche et instable. Si l’Himlung est prisé par les agences commerciales comme premier grand 7 000 accessible, ce drame rappelle cruellement les grandes catastrophes de l’alpinisme et les leçons de survie qui peinent parfois à s’imposer sur le terrain. L’emplacement même du camp suscite de vives interrogations : en 2014, le guide français Paulo Grobel avait déjà choisi de s’établir sur un autre site après qu’une avalanche similaire avait frappé l’endroit de plein fouet.
Une fois encore, le tribut humain frappe exclusivement les chevilles ouvrières des expéditions : porteurs d’altitude, cuisiniers et guides locaux qui équipaient la montagne. Alors que les secours s’organisent dans des conditions d’accès extrêmes et sous la menace d’un plafond nuageux encore très bas, l’émotion est immense dans la communauté himalayiste internationale.
Le Regard de L’ALPIN
L’installation des camps de base en Himalaya souffre d’un biais de routine particulièrement dangereux. Pour des motifs logistiques évidents — proximité de l’eau, commodité pour dresser de grandes tentes mess —, on perpétue l’occupation de zones pourtant dominées par des cônes de déjection avalancheux avérés. Face aux dérèglements météo qui chargent les cimes en fin de mousson avec une soudaineté inédite, ignorer les alertes du passé comme celle de 2014 relève d’une négligence que paient systématiquement les équipes locales. Il est urgent d’institutionnaliser une lecture nivologique et géomorphologique stricte avant de fixer ces véritables villes de toile d’altitude.
Face à la multiplication des épisodes météorologiques extrêmes en Himalaya, les agences d’expédition accepteront-elles enfin de repenser la sécurité de leurs camps au détriment du confort logistique ?