Espaces sauvages en montagne : Le bras de fer relancé pour sanctuariser nos cimes

DIRECTLa tension monte d’un cran au cœur des vallées alpines autour du statut de la faune sauvage et des zones de quiétude intégrale. Selon les récentes prises de position relayées par aspas-nature.org, le modèle de sanctuarisation de parcelles privées en libre évolution bouscule les équilibres traditionnels entre usagers des cimes, chasseurs et bergers. Alors que l’hivernage met les ongulés et les grands prédateurs à rude épreuve sur les versants exposés au gel, la question de la quiétude des combes reculées devient le point de friction majeur entre partisans d’un réensauvagement radical et défenseurs d’un terroir vivant.

Sur les crêtes escarpées et dans les forêts subalpines, la cohabitation ne se décrète pas d’un simple trait de plume juridique. Du prédateur invisible qui arpente les crêtes calcaires aux tétras-lyres confinés dans leurs igloos de neige, chaque harde paye au prix fort le moindre dérangement en altitude. Les passionnés qui parcourent les plateaux du Vercors ou les dévers du Mercantour le constatent quotidiennement : la ligne de crête entre pastoralisme séculaire, affluence de pratiquants outdoor et sanctuarisation absolue n’a jamais été aussi mince.

Alors que les débats sur le statut du loup et la délimitation de corridors écologiques sans exploitation humaine s’intensifient dans les assemblées départementales, les acteurs du terrain réclament de la clarté. La montagne ne peut être réduite ni à un décor sous cloche inaccessible aux hommes, ni à un terrain d’amusement livré à une surexploitation inconsidérée des alpages.

Le Regard de L’ALPIN

La sanctuarisation intégrale sans concertation locale alimente un malentendu tenace : celui d’une montagne opposée à ses propres habitants. En haute altitude, la survie des espèces découle d’abord de la gestion des zones de quiétude hivernales et de la modération des flux humains, plutôt que de postures idéologiques tranchées. Une réserve n’a de sens que si elle s’articule avec le respect des savoir-faire pastoraux et la culture des sentiers.

Faut-il interdire totalement l’accès humain à certains vallons pour préserver la faune alpine, ou la cohabitation responsable demeure-t-elle la seule voie tenable ?

Consulter la source originale (aspas-nature.org)