Drame en Patagonie : La freerideuse chamoniarde Juliette Willmann tuée dans une avalanche au Cerro Crestón
DIRECTLe monde du ski de pente raide et du freeride est en deuil après la disparition brutale de Juliette Willmann, 29 ans, emportée par une coulée de neige en Amérique du Sud. Selon les informations rapportées par Ulysse Lefebvre pour Alpine Mag, le drame est survenu ce mardi 29 septembre au Cerro Crestón, un sommet situé dans le secteur du Lago del Desierto, à une trentaine de kilomètres au nord du camp de base d’El Chaltén, en Patagonie argentine.
L’ancienne compétitrice du Freeride World Tour (4ᵉ mondiale en 2021) évoluait en ski de randonnée aux côtés de son mari, le guide de haute montagne chamoniard Pierre-Idris Mehdi. Selon les premiers éléments transmis par les autorités de la province de Santa Cruz, une plaque à vent se serait rompue sous leurs spatules lors de leur progression. Si son compagnon a pu être secouru blessé mais en vie, la jeune skieuse n’a malheureusement pas survécu à la violence de la coulée. Un guide présent dans le massif a déclenché les secours terrestres vers 12 h 30, peu avant que la balise de détresse du couple ne soit également activée.
Installée à Chamonix, Juliette Willmann incarnait une génération de skieuses complètes, alliant l’explosivité des lignes engagées du circuit freeride à la rigueur technique de l’alpinisme hivernal. Même au cœur d’expéditions lointaines où l’emport du matériel de secours reste scrupuleux — à l’image du triptyque DVA, pelle, sonde —, l’engagement dans les Andes australes confronte les montagnards à des conditions aérologiques extrêmes où le manteau neigeux réagit avec une instabilité redoutable.
Le Regard de L’ALPIN
Le Cerro Crestón et les contreforts du massif du Fitz Roy sont réputés pour leurs microclimats d’une brutalité inouïe. En Patagonie, les vents catabatiques sculptent en permanence des plaques à vent dures et piégeuses reposant sur des sous-couches fragiles persistantes. Même pour des professionnels aguerris comme Juliette et son mari guide, la lecture d’un manteau neigeux patagonien en fin d’hiver austral demeure un exercice d’équilibriste où le risque zéro n’existe tout simplement pas.
Face à des massifs isolés où les secours mettent plusieurs heures à intervenir, l’exposition en ski de haute montagne rappelle-t-elle la vulnérabilité absolue des meilleurs skieurs de la planète face aux éléments ?