Portrait d'époque colorisé d'Edward Whymper, regard intense, habillé en tweed avec un piolet en bois à la main, devant un fond alpin.

14 Juillet 1865. Le jour où le Cervin a perdu son innocence

Introduction : L’Obsession Verticale

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, les montagnes étaient des territoires maudits, peuplés, disait-on, de dragons et d’esprits. Et puis, l’Ère de la Conquête est arrivée. Un à un, les sommets des Alpes sont tombés. Le Mont Blanc, la Jungfrau, l’Eiger… Il n’en restait qu’un. Le plus beau, le plus terrible : le Cervin (Matterhorn). Une pyramide de roche parfaite, jugée impossible. Cette histoire n’est pas celle d’une escalade. C’est celle d’une course effrénée entre deux nations, qui s’est terminée par la corde la plus célèbre – et la plus tragique – de l’histoire de l’alpinisme.

La Course vers le Sommet

Juillet 1865. Deux hommes convoitent le sommet. D’un côté, Edward Whymper, un graveur anglais, dandy et obstiné, qui représente l’alpinisme sportif britannique. Il attaque par l’arête du Hörnli (côté suisse). De l’autre, Jean-Antoine Carrel, un guide italien, patriote, qui veut offrir le sommet à son pays par l’arête du Lion (côté italien). C’est un sprint. Whymper apprend que Carrel est parti en secret. Furieux, il rassemble une équipe de fortune à Zermatt : le guide Michel Croz, Lord Francis Douglas, et les Taugwalder père et fils. Ils partent le 13 juillet.

La Corde Rompue

Le 14 juillet, à 13h40, Whymper et Croz posent le pied au sommet. Ils sont les premiers. Ils voient l’équipe italienne 200 mètres plus bas et leur lancent des pierres pour signaler leur victoire. Le triomphe est total. Mais la montagne prélève toujours son tribut. À la descente, l’inexpérimenté Hadow glisse. Il emporte Croz, Hudson et Douglas. La corde se tend violemment. Whymper et les Taugwalder s’arc-boutent pour retenir la chute. La corde casse. Quatre hommes tombent dans l’abîme de la face Nord. Il ne reste que trois survivants, hébétés, tenant un bout de chanvre effiloché dans les mains. La conquête du Cervin marque la fin de l’âge d’or de l’alpinisme : l’innocence est morte avec eux.

Portrait d'époque colorisé d'Edward Whymper, regard intense, habillé en tweed avec un piolet en bois à la main, devant un fond alpin.

📊 Tableau : Les Deux Visages de la Conquête

CritèreL’Approche Anglaise (Whymper)L’Approche Italienne (Carrel)
Philosophie« Le Sport » et la Gloire personnelle« La Patrie » et l’Honneur national
La VoieArête du Hörnli (Suisse)Arête du Lion (Italie)
StyleÉquipe de « Gentlemen » amateursGuides locaux aguerris
RésultatVictoire… et TragédieDéfaite (Sommet 3 jours plus tard)

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