Ski : A-t-on définitivement perdu l’élégance ? (1960 vs 2025)

Fermez les yeux. Imaginez Gstaad ou Cortina d’Ampezzo, en 1964. Qu’entendez-vous ? Le crissement discret des skis sur la neige dure, le tintement de verres en cristal sur une terrasse ensoleillée, et peut-être un air de Jazz lointain. Ouvrez les yeux. Nous sommes en 2025. Vous êtes dans une file d’attente à Val Thorens. La techno bas de gamme hurle dans les haut-parleurs du télésiège. Devant vous, un homme habillé en néon intégral hurle dans son téléphone, une perche à selfie bloquant la vue.

Quelque part entre ces deux époques, nous avons perdu l’essentiel : l’allure.

1. L’Ère de la Laine et du Panache

Regardez les photos de Slim Aarons. Ce qui frappe, c’est la matière. Avant l’invention du Gore-Tex et du polyester qui brille, on skiait en matières nobles. Les pulls étaient en laine torsadée épaisse, les pantalons (les fameux fuseaux) marquaient la silhouette, et les lunettes étaient de vraies lunettes de soleil, pas des masques de soudeur irisés. Le ski des années 60 n’était pas une course à la performance technique. C’était une extension de la vie mondaine. On ne cherchait pas à ressembler à un panneau de signalisation fluo pour être repéré par les secours ; on cherchait à être élégant, même en tombant. La technique elle-même avait du style : la godille. Skis serrés, genoux collés, un balancement fluide des épaules. C’était de la danse.

2. L’Invasion des « Power Rangers »

Aujourd’hui, la montagne est devenue un concours de technologie. Nous sommes passés de l’esthétique « Gentleman Driver » à l’esthétique « Cosmonaute sous acide ». Les combinaisons sont trop larges ou trop techniques pour des gens qui ne vont jamais sortir des pistes damées. Et puis, il y a le comportement. L’élégance, c’était la discrétion. Aujourd’hui, le skieur moderne doit prouver qu’il existe. Il filme sa descente (souvent médiocre) avec une caméra fixée sur son casque, lui donnant l’air d’une licorne robotique. Il écoute sa musique dans ses écouteurs au lieu d’écouter le silence des cimes. On a gagné en confort thermique, certes. Mais on a perdu l’âme.

3. Comment retrouver le « Old Money Aesthetic » ?

Est-il possible de résister ? Oui. Le style « L’ALPIN », c’est le refus du synthétique criard.

  • Le retour aux sources : Oubliez le jaune fluo. Optez pour le bleu marine, le bordeaux, le vert sapin, le blanc cassé.
  • La coupe : Préférez des coupes ajustées. Le ski n’est pas du baggy.
  • L’attitude : Rangez la GoPro. Personne, absolument personne, n’a envie de voir votre vidéo de vacances de 4 minutes sur Facebook. Vivez le moment. Regardez la montagne, pas votre écran.

Le Verdict L’ALPIN

Le ski ne devrait pas être un sport de combat, mais un art de vivre. Peut-être est-il temps de ralentir. De laisser les autres courir vers les remontées mécaniques, et de prendre le temps d’ajuster ses lunettes de soleil en cuir, face au Mont-Blanc, simplement parce que c’est beau. L’élégance n’est pas morte, elle attend juste que vous la portiez à nouveau.

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *