Mal aux pieds au ski ? Ce n’est pas une fatalité, c’est une erreur de casting
Tibias en feu, orteils gelés, crampes sous la voûte plantaire… Vous pensez que souffrir fait partie du sport ? Faux. Le problème, c’est que vous skiez probablement avec des chaussures trop grandes. Explications.
C’est le paradoxe des sports d’hiver. On investit 800€ dans une paire de skis dernier cri, mais on néglige l’élément le plus important : la chaussure. Pourtant, c’est le volant de votre voiture. Si la connexion entre votre pied et le ski est floue ou douloureuse, vous skierez mal, même avec les meilleurs skis du monde. Le « Bootfitting » (l’art d’adapter la chaussure au pied) n’est plus réservé aux pros. Voici les 3 secrets pour ne plus jamais avoir envie d’enlever vos chaussures à midi.
1. L’erreur du débutant : Acheter trop grand
C’est la cause de 80% des douleurs. Dans le magasin, vous essayez une chaussure. Vos orteils touchent le bout. Vous vous dites « C’est trop petit », et vous prenez la taille au-dessus. Erreur fatale. Pourquoi ? Parce qu’au bout de 3 jours de ski, la mousse du chausson va se tasser (environ 15 à 20% de volume en plus). Si vous étiez « bien » au magasin, vous allez « nager » sur les pistes. La conséquence : Votre pied bouge. Pour compenser, vous crispez les orteils (crampes). Votre tibia tape contre la languette à chaque virage (périostite). La règle du Labo : En magasin, debout, vos orteils doivent toucher le bout. C’est en fléchissant les genoux (position ski) que le talon recule et que les orteils se libèrent.
2. Le Volume (Le « Last ») : La largeur compte autant que la longueur
Vous faites du 42 (27 Mondopoint). D’accord, mais avez-vous un pied fin ou large ? Les fabricants proposent désormais plusieurs largeurs (le « Last ») pour une même pointure :
- 97-98 mm (Low Volume) : Pour les pieds fins (souvent ex-compétiteurs).
- 100 mm (Mid Volume) : Le standard universel.
- 102-104 mm (High Volume) : Pour les pieds larges et le confort absolu. Ne prenez pas une chaussure trop large « pour être à l’aise ». Vous perdrez toute précision. Mesurez la largeur de vos métatarses (l’appareil s’appelle un pied à coulisse, ou le scanner 3D en magasin).
3. L’arme secrète : La Semelle (et le Thermoformage)
Regardez la semelle de propreté livrée dans vos chaussures neuves. C’est un morceau de carton plat. Or, votre pied n’est pas plat. Il a une voûte. Sans soutien, votre pied s’affaisse à chaque appui. Cela tire sur les muscles et coupe la circulation (froid). La solution : Remplacez immédiatement la semelle d’origine par une semelle anatomique (type Sidas ou Bootdoc). Pour 40€, cela change tout : le pied est stable, le sang circule, la fatigue disparaît. Ensuite, faites « thermoformer » le chausson (le chauffer pour qu’il prenne l’empreinte de vos malléoles). C’est souvent gratuit à l’achat.
Le Verdict du LABO : N’achetez pas vos chaussures sur Internet sans les essayer. Allez voir un Bootfitter. Acceptez de passer 1h en magasin. Souffrez un tout petit peu à l’essayage (compression) pour être au paradis sur la neige. Rappelez-vous : une chaussure se fait à votre pied, pas l’inverse.
