Face au Cervin : Pourquoi Zermatt est la seule station qui vaut son prix (exorbitant)
Ici, les voitures sont interdites, les forfaits coûtent un bras, et le café a le prix du champagne. Pourtant, une fois que vous aurez vu « La Montagne » au détour d’une rue, vous oublierez tout. Bienvenue au pied du Roi.
Il y a les montagnes, et il y a le Cervin (Matterhorn en allemand). C’est un roc solitaire, une dent de requin qui déchire le ciel à 4478 mètres. Il est hypnotique. Où que vous soyez dans le village, vous le cherchez du regard. Il change de couleur : rose à l’aube, doré à midi, sombre et menaçant le soir. Zermatt est construite tout entière pour lui rendre hommage. C’est une destination « Bucket List » (à faire avant de mourir). Mais attention, le paradis a ses règles.
1. Le luxe du « Sans Voiture »
À Zermatt, votre Audi Q7 ne sert à rien. Elle doit rester au parking, 5 km plus bas, dans la vallée (à Täsch). On monte en train. C’est le début de la déconnexion. En arrivant en gare, le silence surprend. Pas de moteurs thermiques. Dans les rues, seuls circulent des petits taxis électriques carrés et silencieux, et des calèches à chevaux. L’air est d’une pureté absolue. Le village est un mélange étrange et réussi de chalets en vieux bois brûlé par le soleil (les fameux « Mazots » sur pilotis de pierre pour empêcher les souris d’entrer) et d’hôtels 5 étoiles ultra-modernes. C’est le charme suisse : l’ancestral côtoie le luxe ultime sans fausse note.
2. Le Gornergrat : Le train vers les nuages
Si vous ne skiez pas, vous devez absolument prendre le Gornergrat Bahn. C’est un train à crémaillère, le premier d’Europe (1898), qui grimpe en plein air jusqu’à 3089 mètres. Le trajet dure 33 minutes et traverse des forêts de mélèzes, des ponts vertigineux et des champs de neige. Arrivé au sommet, le panorama vous gifle. Vous êtes face au Cervin, mais aussi au Mont Rose et à une vingtaine de sommets de plus de 4000m. Vous dominez les glaciers. C’est le plus beau belvédère des Alpes, point final.
3. Le Ski Transfrontalier
Zermatt partage son domaine skiable avec l’Italie (Cervinia). C’est l’une des rares stations où vous pouvez manger une fondue suisse à midi au sommet, et descendre boire un espresso italien à 14h de l’autre côté de la frontière. Les pistes sont larges, longues, et toujours dominées par cette silhouette pyramidale obsédante. Le niveau de service est… suisse. Les remontées sont des canapés chauffants, les restaurants d’altitude servent de la gastronomie fine (adieu la frite surgelée), et tout est d’une propreté clinique.
Le Verdict ÉVASION : Oui, c’est cher. Très cher. Un week-end à Zermatt coûte une semaine ailleurs. Mais ce n’est pas du vol. Vous payez pour une exception mondiale. La vision du Cervin au réveil est un choc esthétique qui n’a pas de prix.
📚 Sources & Ressources
- Le Train : Site officiel du Gornergrat Bahn (gornergrat.ch) pour les horaires et webcams.
- L’Histoire : Le Musée du Cervin (Matterhorn Museum – Zermatlantis) dans le village, qui raconte la tragique première ascension d’Edward Whymper en 1865.
- Tourisme : Zermatt Tourisme (zermatt.ch).
