Reconstitution d'une image d'époque d'un chien Saint-Bernard dans la neige avec le mythique tonneau autour du cou, secourant un voyageur.

Le Saint-Bernard : Super-héros des neiges ou légende marketing ?

C’est le chien le plus célèbre du monde. On l’imagine toujours avec son petit tonneau de rhum autour du cou, prêt à sauver les alpinistes perdus. Mais la réalité historique de l’Hospice du Grand-Saint-Bernard est bien différente.

Il pèse jusqu’à 80 kg, bave un peu (beaucoup), et possède un regard d’une tristesse infinie qui ferait fondre un iceberg. Le Saint-Bernard n’est pas qu’un chien, c’est le symbole de l’hospitalité montagnarde. Depuis le XVIIe siècle, les chanoines de l’Hospice du Grand-Saint-Bernard (à la frontière Suisse-Italie) élèvent ces molosses pour une mission sacrée : garder le chemin ouvert.

1. « Barry », le vrai héros

Oubliez Beethoven (le film). La vraie star, c’est Barry. Né en 1800, ce chien légendaire aurait sauvé plus de 40 personnes perdues dans la tempête au col. À l’époque, les chiens n’étaient pas dressés pour le « sauvetage » tel qu’on l’entend aujourd’hui. Ils servaient de guides. Avec leur poitrail large, ils fendaient la neige fraîche pour tracer le chemin aux moines, et leur sens de l’orientation infaillible permettait de retrouver l’Hospice même dans un brouillard blanc total (le « Whiteout »). Barry est aujourd’hui empaillé au Musée d’Histoire Naturelle de Berne. C’est le saint patron des chiens d’avalanche.

2. Le mythe du tonneau d’alcool

Désolé de briser un rêve d’enfance : les Saint-Bernard n’ont jamais porté de tonneau d’alcool. C’est une pure invention artistique. Tout vient d’un peintre anglais, Edwin Landseer, qui en 1820 peint une toile célèbre (« Alpine Mastiffs Reanimating a Distressed Traveler »). Pour ajouter une touche dramatique, il dessine un petit baril au cou du chien. L’image est si forte qu’elle devient la vérité pour le grand public. Les moines ont toujours démenti : donner de l’alcool à quelqu’un en hypothermie est la pire chose à faire (l’alcool dilate les vaisseaux et accélère la perte de chaleur). Les chiens portaient parfois des sacs avec de la nourriture ou du lait, mais jamais de la gnôle !

3. La fin d’une époque

Aujourd’hui, le Saint-Bernard ne sauve plus personne. Il est trop lourd. Dans la neige poudreuse, il s’enfonce. Il a été remplacé par le Berger Malinois ou le Border Collie, plus légers, plus vifs et plus faciles à transporter en hélicoptère. Mais l’Hospice continue l’élevage par tradition. Le Saint-Bernard est passé du statut de « travailleur de force » à celui d’ambassadeur de la Suisse et de la bienveillance alpine.

Le Verdict HÉRITAGE : Même s’il ne porte pas de rhum, ce chien mérite son auréole. Il incarne une époque où, face à la fureur des éléments, l’homme ne pouvait compter que sur le flair de son meilleur ami pour retrouver son chemin.

📚 Sources & Ressources

  • Le Lieu : La Fondation Barry à Martigny (Suisse), qui gère aujourd’hui l’élevage historique et le musée des chiens.
  • L’Histoire : Les archives de l’Hospice du Grand-Saint-Bernard (gsbernard.com).
  • La Science : Explication médicale sur les effets de l’alcool en hypothermie (pour débunker le mythe).

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