Piste ou Rando ? Le guide pour ne pas se tromper de matériel cet hiver
C’est la grande tendance : le skieur de 2025 ne veut plus seulement descendre, il veut « explorer ». Mais attention, le matériel de randonnée n’est pas magique. Comparatif technique pour choisir votre camp (ou ne pas choisir).
Il y a encore dix ans, c’était simple. Soit vous preniez les remontées mécaniques (Ski Alpin), soit vous étiez un alpiniste barbu en collant (Ski de Rando). Aujourd’hui, la frontière est floue. Le matériel a évolué et le « Freerando » explose. Mais attention au marketing. Un ski qui monte bien descend souvent mal, et inversement. Voici ce qu’il faut savoir avant de sortir la carte bleue.
1. Le Profil : Consommateur ou Explorateur ?
Avant de parler technique, parlez honnêtement à vos cuisses.
- Le Ski Alpin : C’est la recherche de la force centrifuge, de la vitesse et de la précision. Le matériel est lourd (pour la stabilité) et rigide. Vous faites 10 000 mètres de dénivelé négatif par jour.
- Le Ski de Rando : C’est la recherche du calme et du cardio. Vous faites 1 000 mètres de dénivelé positif par jour (à la force des jambes). C’est un sport d’endurance, pas seulement de glisse.
2. Le Matos : La guerre du Poids
C’est l’équation impossible que les marques tentent de résoudre.
- Pour la piste (Alpin) : On veut du Poids. Un ski lourd gomme les vibrations et tient sur la glace.
- Pour la rando : On veut de la Légèreté. Chaque gramme aux pieds est un ennemi à la montée. Le piège : Acheter des skis de rando ultra-légers (moins de 1kg) en pensant « skier partout ». En descente sur neige dure, ces skis vont « taper » et vibrer. Ils sont instables. Le conseil du Labo : Si vous débutez la rando mais voulez garder de bonnes sensations en descente, visez la gamme Freerando (environ 1,4kg à 1,6kg par ski). C’est le compromis idéal.
3. Les Fixations : Inserts ou Plaques ?
C’est là que la révolution a eu lieu.
- Les Inserts (Low Tech) : Deux petits picots en métal qui tiennent la chaussure. C’est ultra-léger pour monter, mais ça manque d’élasticité et de sécurité pour envoyer des gros sauts en descente. (Marque référence : Dynafit).
- Les Hybrides (Le Saint Graal) : Des fixations comme la Salomon Shift ou la Marker Duke. Elles ont des « picots » pour monter léger, mais se transforment en vraie fixation alpine pour descendre. C’est le choix numéro 1 pour ceux qui font 50% piste / 50% hors-piste.
Le Verdict du LABO : Ne revendez pas vos skis de piste tout de suite. Le ski de rando demande un apprentissage (et des connaissances en sécurité avalanche). L’idéal ? Louez un pack « Freerando » deux ou trois fois. Si vous tombez amoureux de l’effort, investissez dans une paire polyvalente montée en fixation hybride.
📚 Sources & Ressources
- Le Marché : Les chiffres de l’Union Sport & Cycle (USC) qui montrent une croissance à deux chiffres du marché du ski de randonnée depuis 2020.
- La Sécurité : Les recommandations de l’ANENA (Association Nationale pour l’Étude de la Neige et des Avalanches) sur l’équipement indispensable (DVA, Pelle, Sonde) en rando.
- L’Innovation : L’histoire de la fixation « Low Tech » inventée par Fritz Barthel (Dynafit) il y a plus de 30 ans, qui reste la référence.
