Groupe de skieurs à genoux dans la neige en train d'apprendre à utiliser une sonde et un DVA lors d'un stage de sécurité.

Freeride : La Check-list ultime avant de couper les cordes

Vous maîtrisez vos virages sur piste et l’appel de la poudreuse se fait sentir ? Attention, changer de terrain implique de changer de règles. Voici les 4 piliers à valider pour ne pas transformer le rêve en cauchemar.

Le Freeride n’est pas simplement du « ski dans la neige molle ». C’est une discipline à part entière qui exige une remise à zéro de vos habitudes de pistard. Sur piste, l’environnement est sécurisé et passif. En hors-piste, il est sauvage et actif. Avant de suivre vos potes derrière les jalons, vérifiez que vous avez validé ces quatre points essentiels.

1. Le Matériel : La flottaison (Fini les aiguilles à tricoter)

Si vous essayez de faire du freeride avec vos skis de slalom, vous allez passer la journée sous la neige, à transpirer pour sortir vos spatules. Pour le hors-piste, la physique est simple : il faut de la surface.

  • La largeur au patin : Pour débuter, visez entre 95mm et 105mm. C’est le « Sweet Spot ». Assez large pour flotter, assez fin pour revenir sur la piste sans douleur.
  • Le profil (Rocker) : Vérifiez que vos skis ont une spatule relevée progressive (Rocker). C’est ce qui permet au ski de « surfer » sur la neige au lieu de planter dedans.
  • La taille : Ne prenez pas court ! Prenez votre taille réelle, voire +5cm. La stabilité en dépend.

2. Le Corps : La gestion thermique (Adieu le Coton)

En Freeride, le rythme cardiaque change. On marche pour atteindre une crête, on désensable un ski, on force sur les cuisses. On transpire beaucoup plus qu’en alpin. Si vous portez du coton (T-shirt classique), vous serez trempé, puis gelé dès l’arrêt.

  • La règle des 20k/20k : Pour votre veste et pantalon, ne regardez pas la marque, regardez l’étiquette technique. Visez une membrane imperméable (20 000 schmerber) et respirante (20 000 g/m²). C’est le minimum pour rester au sec, de l’intérieur comme de l’extérieur.

3. La Survie : Le ticket d’entrée (Le trio sacré)

C’est non négociable. Pas de DVA = Pas de hors-piste. Mais posséder le matériel ne suffit pas (ce n’est pas un talisman magique).

  • DVA (Détecteur de Victimes d’Avalanches) : Il doit être sur vous (pas dans le sac), allumé, et avec des piles neuves.
  • Pelle & Sonde : Dans le sac à dos.
  • La compétence : Savez-vous assembler votre sonde en moins de 10 secondes ? Savez-vous utiliser votre DVA en mode « recherche » ? Si la réponse est floue, inscrivez-vous à un stage (type Évolution 2 ou ANENA) avant de partir.

4. Le Mental : L’intelligence situationnelle

C’est le changement le plus dur. Sur piste, vous suivez les flèches. En Freeride, vous décidez.

  • Météo & BERA : Avez-vous lu le Bulletin d’Estimation du Risque d’Avalanche le matin même ?
  • Dynamique de groupe : Ne suivez jamais aveuglément « le meilleur skieur ». Si vous ne le sentez pas, dites-le.
  • Discipline : On ne skie pas les uns sur les autres. On passe un par un dans les pentes raides. On s’attend dans des zones protégées (derrière un rocher, sur une crête), jamais en plein milieu de la pente.

Le Verdict du LABO : Le Freeride est la forme la plus pure du ski. C’est le jeu avec la gravité et les éléments. Mais c’est un jeu sérieux. Validez cette check-list, équipez-vous sérieusement, et la montagne vous offrira ses plus beaux virages.

📚 Sources & Ressources

  • La Bible de la neige : Les bulletins quotidiens de Météo France Montagne (BERA).
  • La Formation : Les « Safety Clinics » organisées par des marques comme Ortovox ou les écoles Évolution 2.
  • Le Matériel : Les guides d’achat « Largeur au patin » des magazines spécialisés comme Skieur Magazine.

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