Sentiers sous tension : l’alerte de la FFRandonnée sur l’avenir de nos itinéraires alpins

DIRECTLes artères vitales de nos massifs sont sous tension. Selon les récentes alertes relayées par la Fédération Française de la Randonnée Pédestre, le réseau des sentiers balisés fait face à une conjonction inédite de périls : érosion accélérée par les épisodes météorologiques extrêmes, surfréquentation estivale et multiplication des fermetures d’itinéraires sur fond de litiges fonciers privés.

Sur les crêtes alpines comme au fond des combes escarpées, maintenir un tracé praticable relève désormais du défi logistique permanent. Dès lors que le dénivelé s’accentue et que le pergélisol se dégrade en altitude, les éboulements récurrents emportent murets de soutènement et marquages historiques. Une réalité de terrain qui soulève une interrogation cruciale : qui paie réellement pour baliser et entretenir les milliers de kilomètres de sentiers français ? L’engagement des baliseurs bénévoles, piliers de la fédération, ne suffit plus toujours à absorber des chantiers techniques exigeant engins de terrassement et purges de falaises.

À cette fragilité géologique s’ajoute une pression d’usage grandissante. L’afflux massif de pratiquants non initiés accélère le ravinement des passages étroits, tandis que la cohabitation entre pastoralisme, VTT, trail et marcheurs traditionnels impose des arbitrages territoriaux de plus en plus complexes. La sanctuarisation de certains tracés vulnérables devient un scénario ouvertement débattu dans plusieurs massifs sensibles.

Le Regard de L’ALPIN

Le sentier de montagne n’est pas un aménagement immuable, mais un équilibre précaire entre roche vive et passage humain. Considérer la liberté d’accès aux sommets comme un dû gratuit masque l’immense technicité nécessaire pour stabiliser un col ou sécuriser une vire exposée. Si nous refusons un modèle payant ou restrictif à l’américaine, la montagne exigera de chaque pratiquant une responsabilité accrue dans ses trajectoires et une reconnaissance pleine du travail d’infrastructure de la FFRandonnée.

Faut-il instaurer des quotas saisonniers ou instaurer une contribution solidaire pour financer la réhabilitation de nos plus beaux sentiers d’altitude ?

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