Sentiers menacés en moyenne montagne : l’alerte lancée depuis les massifs d’Occitanie
DIRECTLoin des arêtes effilées des 4 000 alpins, une autre bataille tout aussi déterminante pour l’avenir de l’outdoor se joue actuellement sur les reliefs de moyenne montagne. Selon les informations rapportées par Le Tarn Libre, la sauvegarde et l’entretien des réseaux pédestres traversant les crêtes, forêts et plateaux d’Occitanie cristallisent de vives inquiétudes chez les acteurs locaux et les passionnés de grands espaces.
Entre épisodes climatiques violents, ravines creusées par les orages à répétition et végétation luxuriante qui reprend rapidement ses droits, les itinéraires balisés souffrent d’une dégradation accélérée. Pour les communes et intercommunalités rurales, la facture de l’entretien devient astronomique alors même que les dotations publiques diminuent. Cette équation insoluble rappelle combien l’entretien des sentiers de randonnée et le coût du balisage reposent sur une mécanique fragile, largement tributaire du dévouement de bénévoles vieillissants et d’associations locales sous tension.
Pourtant, ces tracés constituent l’artère vitale du tourisme vert, du trail et de la découverte patrimoniale. Sans passages praticables ni signalétique irréprochable, c’est tout un pan de l’économie montagnarde de proximité qui risque de s’effondrer. Alors que les pratiquants réclament des itinéraires toujours plus immersifs et sécurisés, l’accès à ces vallées préservées ne pourra perdurer sans un arbitrage financier courageux et pérenne.
Le Regard de L’ALPIN
On a trop souvent tendance à résumer l’aventure montagnarde aux glaciers chamoniards ou aux parois des Dolomites. Or, le sanctuaire de notre pratique s’enracine d’abord dans ces moyennes montagnes où l’on use ses premières semelles. Négliger le maillage de nos collines et crêtes intermédiaires, c’est condamner l’ensemble de l’écosystème de la marche. Il est temps de considérer l’entretien des sentiers non comme une ligne de dépenses communale, mais comme une infrastructure d’intérêt général indispensable à la transition de nos territoires.
Faut-il instaurer une redevance nationale dédiée aux usagers pour financer l’entretien permanent de nos sentiers ?