Préservation des cimes : le cri d’alarme de Mountain Wilderness pour sauver l’espace sauvage

DIRECTL’alerte résonne une nouvelle fois sur les crêtes : l’association Mountain Wilderness France tire la sonnette d’alarme quant à l’accélération des atteintes portées à la naturalité des sommets. Alors que les effets du dérèglement climatique bouleversent déjà brutalement la cryosphère, les projets d’infrastructures lourdes et de suréquipement continuent de grignoter les rares combes encore préservées des Alpes et des Pyrénées.

Le constat dressé sur le terrain est sans appel. Pylônes obsolètes non démontés, retenues collinaires démesurées et terrassements massifs pour sécuriser des pistes à grand renfort de pelleteuses : la montagne subit une fuite en avant technologique qui fragilise ses écosystèmes les plus vulnérables. Cette logique d’ingénierie à outrance s’inscrit en décalage complet avec les réalités hydrologiques et le recul glaciaire. Alors que la communauté montagnarde s’interroge sur la fin du « Tout-Ski » et les nouveaux modèles économiques, la sanctuarisation de la liberté montagnarde devient un combat d’utilité publique.

Pour les défenseurs de l’environnement montagnard, l’urgence n’est plus à la compensation cosmétique, mais à une véritable sobriété d’aménagement. Le démantèlement des installations désaffectées — les fameuses « installations obsolètes » disséminées dans nos paysages — doit s’accompagner d’un moratoire strict sur la colonisation mécanique des dernières zones vierges de haute altitude. L’expérience de la verticalité, de l’engagement et du silence impose de laisser respirer les crêtes sans y implanter de nouveaux parcs d’attraction d’altitude.

Le Regard de L’ALPIN

L’alpinisme et la pratique de la montagne ne peuvent exister sans l’inconnu, l’austérité et la nature brute. Transformer chaque couloir et chaque alpage en actif sécurisé, bardé de câbles et de canons, c’est vider la montagne de son essence même. Protéger le silence et la rusticité des hauts massifs n’est pas un refus du progrès, c’est la condition sine qua non pour transmettre aux futures cordées ce qui fait la grandeur de l’altitude : son indomptable liberté.

Faut-il instaurer des zones d’interdiction totale de tout aménagement au-delà de 2 000 mètres pour sauver l’esprit sauvage des Alpes ?

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