« On a vu l’engouement que ça suscitait » : le VTT comme nouvel eldorado pour les stations ? – Le Dauphiné Libéré

TITLE: Secours au Mont-Blanc : Vers la fin de la gratuité pour les alpinistes imprudents ?
EXTRAIT: Face à la hausse des incivilités et des accidents sur le Mont-Blanc, le débat sur la gratuité des secours en haute montagne est relancé.
KEYWORD: secours en montagne Mont-Blanc
METADESC: Le modèle français de gratuité des secours en montagne est-il menacé ? Décryptage des tensions autour de la sécurité et du coût des interventions au Mont-Blanc.
CONTENU: DIRECTSelon les récentes révélations partagées dans un rapport publié par Le Dauphiné Libéré, la question de la régulation de l’accès au toit de l’Europe et du coût faramineux des opérations de sauvetage est de nouveau sur la table des décideurs de Haute-Savoie. Entre l’afflux d’alpinistes amateurs sous-équipés et la multiplication des comportements à risque dans le couloir du Goûter, les maires de la vallée de Chamonix tirent la sonnette d’alarme. Faut-il repenser notre modèle de solidarité nationale face aux dérives de la consommation de la haute altitude ?

La gratuité des secours, pilier historique du modèle républicain français en montagne, est aujourd’hui confrontée à une réalité financière et humaine insoutenable. Chaque année, les hélicoptères du PGHM (Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne) enchaînent les rotations à plus de 4 000 mètres d’altitude pour extraire des touristes en détresse, souvent victimes de leur propre impréparation. Pour aller plus loin sur cette problématique éthique et financière, notre enquête sur le prix des vies et le coût des secours en montagne détaille l’impasse budgétaire à laquelle l’État et les collectivités locales font désormais face.

À l’heure où les pays voisins comme l’Italie ou la Suisse facturent directement les interventions non médicales aux usagers non assurés, la France hésite encore à franchir le pas. Les professionnels de la montagne craignent qu’une telle mesure n’incite les alpinistes en difficulté à retarder leur appel aux secours par peur de la facture, aggravant ainsi des situations déjà critiques. Pourtant, face au coût carbone des vols d’hélicoptère et à l’engagement physique extrême des secouristes, la responsabilisation des pratiquants semble devenir inévitable.

Le Regard de L’ALPIN

Le Mont-Blanc souffre d’un paradoxe tenace : il est à la fois un espace de liberté sauvage et un produit touristique de masse mondialisé. Vouloir imposer une tarification des secours est une fausse bonne idée sur le plan de la sécurité publique, car elle créera inévitablement un réflexe d’évitement dramatique chez les pratiquants. La solution réside plutôt dans une politique d’éducation stricte au départ des refuges et dans l’obligation de détenir une licence sportive ou une assurance adéquate pour toute tentative d’ascension par la voie normale. La liberté de la montagne ne doit pas s’affranchir du bon sens technique.

La transition vers une montagne plus responsable passera-t-elle par la fin du secours gratuit pour les comportements jugés manifestement imprudents ?

Consulter la source originale (Le Dauphiné Libéré)