Modèle des stations de ski : L’Express alerte sur la fin du « tout-or blanc » et le choc financier à venir

DIRECTLe compte à rebours financier est enclenché sur les crêtes alpines. Selon une récente enquête menée par les rédactions de L’Express, la viabilité économique de nombreuses stations de sports d’hiver se heurte désormais à un mur de dettes et d’investissements impossibles à amortir. Alors que les hivers deviennent de plus en plus capricieux, le recours systématique au damage lourd et aux canons à neige ne suffit plus à combler les bilans déficitaires des exploitants de moyenne altitude.

De la Haute-Savoie aux Hautes-Alpes, les maires et gestionnaires de domaines skiables se retrouvent pris en étau entre la nécessité de moderniser leurs parcs de remontées mécaniques et l’effondrement des réservations en dehors des vacances scolaires. Cette spirale haussière pousse les forfaits à des sommets vertigineux, écartant inexorablement les clientèles locales au profit d’un tourisme haut de gamme hyper-concentré. Face à cette équation intenable, beaucoup de massifs s’interrogent déjà sur la fin du tout-ski et l’émergence d’un nouveau modèle économique capable de faire vivre les vallées à l’année sans perfusion de fonds publics.

Le constat s’impose avec une brutalité toute technique : entre l’explosion des tarifs de l’énergie pour faire tourner les perches d’enneigement et le coût stratosphérique des infrastructures neuves, le modèle fordiste des années 1970 a vécu. La diversification vers un accueil quatre saisons n’est plus une option de communication verte, mais une condition sine qua non de solvabilité territoriale. Ceux qui tardent à démanteler leurs téléskis obsolètes s’exposent à léguer aux générations futures des friches industrielles d’altitude en lieu et place de sanctuaires alpins préservés.

Le Regard de L’ALPIN

On ne négocie pas avec l’isotherme zéro degré. Pendant deux décennies, les stations ont cru pouvoir repousser l’échéance par des artifices techniques : enneigeurs haute pression, reprofilage destructeur des pistes et retenues collinaires massives. Aujourd’hui, le signal d’alarme financier rejoint la réalité du terrain. Les stations survivront non pas en s’entêtant à produire de la neige par 5°C, mais en repensant leur fonction : devenir des portes d’entrée vers la haute nature, la contemplation et l’effort physique pur, loin des parcs d’attractions mécanisés.

Nos massifs sauront-ils tourner la page de l’or blanc avant que les banques et les créanciers ne le fassent à leur place ?

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