GR20 en 27h29 : Aurélien Dunand-Pallaz pulvérise le record au terme d’un chef-d’œuvre collectif
DIRECTC’est un coup de tonnerre qui vient de résonner sur l’épine dorsale de la Corse. Parti jeudi à 5 heures du matin depuis Calenzana, le coureur savoyard Aurélien Dunand-Pallaz a touché au but à Conca le lendemain à 8 h 29, bouclant les 166 kilomètres de ce sentier légendaire en un temps ahurissant de 27 heures et 29 minutes. Selon les informations publiées par Alpine Mag, cette marque stratosphérique rabote de 2 heures et 17 minutes le précédent chrono de référence établi au cœur de l’été par un autre monument de la discipline, François D’Haene.
Pour dompter un tracé qui compte plus de 12 000 mètres de dénivelé positif, le vainqueur de la Hardrock 100 et de la Diagonale des Fous a dû braver l’hostilité d’un terrain impitoyable : dalles de granite surchauffées, pierriers instables et passages vertigineux franchis de nuit à une allure sidérante. Une démonstration technique et mentale qui illustre à merveille l’exigence extrême de l’ultra-trail et cette plongée sans compromis vers l’effort absolu, là où la moindre défaillance physique se paie immédiatement au prix fort.
Si la douleur et les foulées restent celles d’un seul athlète, ce record historique incarne avant tout le triomphe d’un travail collégial au long cours. Des années de repérages minutieux, une stratégie d’assistance millimétrée aux refuges et un tableau d’honneur de pacers de classe internationale ont permis d’imprimer une cadence métronomique de bout en bout. Dunand-Pallaz n’a pas seulement couru contre le chronomètre : il a mené une véritable cordée de pointe pour réécrire l’histoire du plus mythique des sentiers de grande randonnée français.
Le Regard de L’ALPIN
Le GR20 a définitivement changé de dimension. Jadis sanctuaire de l’aventure autonome réservé aux randonneurs chevronnés étalant leur effort sur deux semaines, la crête corse est désormais devenue le laboratoire ultime des FKT (Fastest Known Time). Sous la barre des 28 heures, l’amateurisme n’a plus d’espace : la gestion chirurgicale des ravitaillements, la sélection drastique des trajectoires et le soutien de pacers d’élite hissent désormais l’ultra-endurance montagnarde au rang d’une discipline de précision absolue.
Face à une telle démonstration de force et de cohésion, le tracé corse pourra-t-il bientôt voir un athlète descendre sous la barre mythique des 26 heures ?