Écrins : Le cri d’alarme du Parc national pour protéger la faune sauvage face aux skieurs
DIRECTAlors que les passionnés de haute altitude se pressent sur les sommets, le Parc national des Ecrins publie une série de recommandations pour limiter l’impact humain sur une biodiversité montagnarde de plus en plus vulnérable face au changement climatique et à la pression touristique.
En hiver comme au début du printemps, la faune sauvage de l’Oisans et des vallées adjacentes vit sur ses réserves énergétiques minimales. Chaque fuite déclenchée par un skieur de randonnée ou un alpiniste consomme des calories précieuses et peut s’avérer fatale pour le tétras-lyre, le chamois ou le bouquetin, une problématique également rencontrée lors d’une ascension de la Vanoise. Pour les pratiquants planifiant une randonnée glaciaire dans les Écrins, la vigilance doit être maximale dès l’approche des forêts d’altitude et des zones de transition.
Le dénivelé et la performance ne doivent plus être les seuls critères de réussite d’une course en haute altitude, posant la question de savoir à quelle croissance la montagne est-elle appelée ? L’éthique alpine moderne, qui puise ses valeurs dans des œuvres fondatrices comme Premier de Cordée, impose désormais d’intégrer la préservation de l’environnement dans la préparation des itinéraires. Les gardes-moniteurs du parc intensifient actuellement leurs campagnes de sensibilisation pour rappeler que la montagne reste avant tout un sanctuaire naturel fragile où l’humain n’est qu’un invité de passage.
Le Regard de L’ALPIN
La conciliation entre loisirs sportifs et préservation de la biodiversité est le grand défi de l’alpinisme moderne. Alors que le matériel technique s’allège et facilite l’accès aux zones autrefois préservées par leur isolement, la responsabilité individuelle devient le dernier rempart avant l’instauration de réglementations d’accès beaucoup plus contraignantes. Le respect des zones de quiétude de la faune sauvage n’est pas une option, c’est un devoir d’alpiniste.
Faut-il aller jusqu’à interdire temporairement l’accès à certains sommets et vallons sauvages pour garantir la survie des espèces de haute altitude, alors que les investissements dans les stations de ski continuent de croître ?