Alex Honnold à Fontainebleau : Quand le roi du solo intégral dompte le grès de Bleau
DIRECTLe maître incontesté du solo intégral pose ses chaussons sur le grès francilien. Dans des séquences capturées par Montagne en scène et mises en lumière par Alpine Mag, le grimpeur américain Alex Honnold a profité de sa venue printanière en France — avant les violents feux ayant touché la forêt — pour aller se frotter à l’école d’escalade la plus exigeante au monde : la forêt de Fontainebleau.
Loin des parois kilométriques du Yosemite mais toujours au plus près du caillou, le Californien a fait honneur aux traditions locales. Après s’être échauffé sur le redoutable circuit noir de l’Éléphant (7A+ max), réputé pour ses réceptions scabreuses et ses rétablissements fuyants, Honnold a poussé le curseur technique sur les blocs durs du massif jusqu’au 7C+ (V10 dans l’échelle américaine). Une hauteur de chute parfois engagée, des sorties de toit gazeuses ? Rien qui ne saurait perturber l’auteur de l’ascension historique d’El Capitan sans corde, fidèle à son détachement désarmant et à son éternel sourire face au vide.
Sur ce grès poli par des générations de passionnés, la force pure ne suffit jamais. La forêt exige un sens aigu de la carre et une adhérence chirurgicale, un art perfectionné jadis lorsque Pierre Allain a inventé le chausson d’escalade moderne au cœur de ces mêmes chaos rocheux. Voir Honnold négocier les arquées microscopiques et les plats infâmes de Bleau avec une telle économie de mouvement témoigne d’un bagage gestuel tout aussi impressionnant que son mental d’acier.
Le Regard de L’ALPIN
L’incursion d’Alex Honnold à Fontainebleau rappelle une vérité fondamentale de la grimpe : le bloc de forêt n’épargne personne, pas même les légendes vivantes du Big Wall. Là où beaucoup de grimpeurs d’élite butent sur la lecture si particulière des zébrures et des rondeurs bellifontaines, Honnold démontre une adaptabilité biomécanique rare. Sa maîtrise du centre de gravité et sa sérénité au sommet des blocs exposés prouvent que l’engagement mental reste son terrain de jeu naturel, peu importe la hauteur sous les semelles.
Le grès de Fontainebleau reste-t-il, encore aujourd’hui, le juge de paix ultime pour évaluer la pureté technique d’un grimpeur ?