30 millions de randonneurs en France : Qui sont ces nouveaux conquérants des cimes ?
DIRECTSelon le récent sondage national dévoilé par Alpine Mag, près de 62 % des Français déclarent avoir pratiqué la randonnée pédestre au cours des douze derniers mois. Ce chiffre vertigineux représente environ 30 millions de personnes, propulsant la marche bien au-delà de la natation, du vélo ou du running. Longtemps caricaturée à travers la figure du marcheur dominical équipé de velours et de chaussures de cuir rigides, la discipline s’est profondément métamorphosée sous l’effet de souffle du Covid-19 et d’une aspiration viscérale au grand air.
Aujourd’hui, le sentier s’est démocratisé, diversifié et singulièrement rajeuni. De la Savoie, où l’on peut parcourir l’Arête de la Vanoise, aux sentiers côtiers, les nouveaux pratiquants abordent le dénivelé avec une philosophie hybride, oscillant entre l’ascension pure et la quête de déconnexion. Les applications de guidage GPS, les tracés partagés et les équipements légers intégrant du carbone ou des textiles hautement respirants ont remplacé les vieux topos en papier. Cette mutation redéfinit notre rapport à l’effort physique et nous invite à explorer l’évolution de nos pratiques, notamment à travers le match passionnant entre Alpin vs Rando : Le duel des philosophies (et comment choisir son camp).
Cette marée humaine sur les chemins de grande randonnée (GR) pose toutefois de sérieux défis logistiques et environnementaux, à l’instar du scandale de l’eau lié à la neige artificielle. La gestion de la surfréquentation, l’érosion des sentiers et la saturation des refuges imposent une réflexion globale sur l’accès à la nature sauvage, comme lors d’un trek en Oisans. Face à un public de plus en plus connecté mais parfois moins sensibilisé aux codes de la montagne, les acteurs locaux et les gardiens de refuges doivent réinventer leur manière d’accueillir et de sensibiliser. La randonnée n’est plus un simple loisir de niche, elle est devenue un véritable miroir des aspirations de notre société contemporaine.
Le Regard de L’ALPIN
Pour L’ALPIN, cette explosion des chiffres de fréquentation ne doit pas occulter la réalité technique du terrain. Si les applications de guidage ont grandement facilité l’accès aux massifs, elles créent parfois une illusion de sécurité chez les néophytes. Le dénivelé, la variabilité météo et la lecture du terrain restent des paramètres physiques exigeants que l’écran d’un smartphone ne pourra jamais lisser. L’enjeu de demain sera d’accompagner ces millions de marcheurs connectés vers une réelle autonomie et une culture de la sécurité en haute altitude.
Et vous, pensez-vous que l’usage massif des applications GPS sur les sentiers dénature l’esprit d’aventure, tel que vécu par Joe Simpson dans Le Vide, et l’orientation propre à la randonnée sauvage ?